Les Artistes Dreyfus | Eddy LOUISS

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Eddy LOUISS

Eddy Louiss, de son vrai nom Edouard Louise, est né le 2 mai 1941 à Paris. Son père Pierre Louise, martiniquais d'origine, s'était fixé en France à l'âge de vingt ans. Licencié en droit, il abandonna vite les contributions indirectes pour se consacrer  entièrement à la musique. Trompettiste et guitariste, il fonda un orchestre qui se produisait à Paris dans les années 50 au Floréal ou au Madrid. "A l'époque, se souvient Eddy Louiss, les circonstances étaient très favorables pour les musiciens. Il n'y avait pas de télévision et beaucoup moins de disques qu'aujourd'hui. Le phénomène discothèque n'existait pas encore.  Toutes les brasseries des boulevards résonnaient alors de musique vivante. On y faisait du jazz, de la chanson, du tango et, bien sûr, beaucoup de "typique".


Encouragé par son père mais aussi par sa mère qui, institutrice, avait le sens de la pédagogie, Eddy prend, dès l'âge de cinq ans, des cours de piano, puis étudie au conservatoire l'harmonie et le solfège. Il chante et joue dans la formation paternelle pendant les tournées estivales dans les casinos. "C'était formidable. Pendant la journée nous nous baignions et le soir nous jouions. Notre répertoire tenait compte des danses en vogue de l'époque : rumba, cha-cha-cha, tango, paso doble et aussi jazz". Eddy, enfant de la balle et du balloche, n'a jamais oublié la leçon. Insensible aux étiquettes, rebelle au label, il intégrera dans son jeu tous les rythmes et couleurs rencontrés au cours de ses diverses expériences. "Pour moi jazz et typique viennent d'un même fond commun. Ces musiques sont faites d'abord pour rassembler. Si, au départ, l'isolement a pu faire la force et l'originalité de ces musiques, une nouvelle force viendra, maintenant, en les mélangeant. Typique ou jazz, la danse est indissociable de la musique, du chant et du rythme".


Eddy quitte l'école à seize ans pour jouer à plein temps dans la formation de son père. Peu après, il effectue ses véritables débuts dans le monde du jazz. En compagnie de Jean-François Jenny-Clark et d'Aldo Romano, il fait le boeuf "à l'oeil, pour le plaisir" au Caméléon et au Chat qui Pêche. A travers les disques de Milt Jackson, il découvre le vibraphone et persuade ses parents de lui offrir cet instrument auquel il s'initie tout seul. Même chose pour la trompette. "Je suis allé voir un spectacle de Xavier Cugat dans lequel un type et ses deux fils jouaient à la trompette des airs comme "Carnaval de Venise". J'ai acheté une trompette bon marché et j'ai demandé à mon père de me montrer le doigté".


C'est Daniel Humair qui lui offre en 1961 son premier cachet professionnel pour une "affaire" au Tabou. C'est également avec le jeune batteur fraîchement débarqué de Suisse qu'il enregistre son premier disque pour Vega, un album quatre titres intitulé "The Connection" par le "Daniel Humair Soulnet" avec Sonny Grey, Jean-Louis Chautemps et Luis Fuentes. L'année suivante, Eddy  tente sa chance en enregistrant en tant que leader un 45 tours pour la danse. Il est honnête de dire aujourd'hui qu'il ne fut pas couronné de succès. Heureusement, très vite un événement imprévu bouscule sa vie. Arrigo Lorrenzini lui signale que Mimi Perrin qui venait de monter les Double-Six, cherchait désespérément un chanteur pour compléter son groupe. Bien que ne disposant que de deux semaines pour répéter, Eddy fit tout de suite l'affaire et participera ainsi à la formidable épopée de ces funambules du jazz vocal "en français".


Avec Mimi et les Double-Six, Eddy parcourt le monde. Coup de foudre ! A l'occasion d'une tournée au Canada, il découvre au fond d'un cabaret un orgue Hammond. "Je m'y suis essayé. Cela m'a séduit. De retour à Paris, Lou Bennett m'a enseigné l'utilisation des tirettes. La musique de Jimmy Smith m'avait à l'époque beaucoup impressionné. Alors peu à peu l'orgue m'est devenu indispensable au point de s'intégrer totalement à mon univers musical. Il existait peut-être quatre ou cinq orgues Hammond dans tout Paris. Il fallait les louer. J'ai fini par en acheter un. L'envie de jouer a fait le reste. Car le voilà, le vrai moteur de toute musique : le désir de ressentir de nouvelles émotions".


Après dix mois de service militaire où il passe plus de temps à jouer du bugle qu'à marcher au pas, Eddy Louiss doit pour survivre, comme la plupart des musiciens de jazz de l'époque, faire de la variété et fréquenter les studios d'enregistrement. Il accompagne ainsi avec l'ami Luigi Trussardi, Nana Mouskouri à Bobino. Un jour il rencontre un jeune chanteur dont il sera pendant treize ans l'un des membres réguliers de son orchestre. Il s'agit, bien sûr, de  Claude Nougaro qui écrira en son honneur une superbe chanson :" Hors de l'eau un orgue a surgi. C'est pas Nemo, c'est Louiss".


Eddy devient très vite l'un des musiciens les plus demandés de la scène parisienne et l'Académie du Jazz lui décerne en 1964 le Prix Django Reinhardt. Ainsi, cette année-là, fait-il partie du grand orchestre d'Yvan Jullien, d'abord en qualité de trompettiste, puis comme pianiste et organiste. Cette expérience lui permet de graver quelques magnifiques disques, tous malheureusement aujourd'hui épuisés. Régulièrement Eddy se produit au Caméléon où il joue d'abord avec Pierre Cullaz et Jean-Louis Vile, puis en compagnie de Daniel Humair et Jean-Luc Ponty. C'est en leur compagnie sous le nom du trio HLP qu'il enregistre en 1966, en direct au Caméléon trois disques réédités il y a quelques années en un deux albums par Dreyfus Jazz. Toutes les composantes félines de son style sont déjà là : cohérence et fluidité naturelle du discours, développement déhanché des idées, swing ailé et dansant, sonorité ouatée ou rugissante pour que la musique arrive, avance voluptueusement, à son pas, à son rêve.


Associé à Jimmy Gourley, il joue au Blue Note où il rencontre Kenny Clarke, à l'époque batteur attitré de Bud Powell. "C'était vraiment l'époque décrite par Tavernier dans "Autour de minuit". Un jour, Kenny m'a proposé de remplacer Lou Bennet parti en Espagne. Nous avons formé un trio avec le guitariste Jimmy Gourley, puis remplacé par René Thomas. J'ai énormément appris, humainement et musicalement, au contact de Kenny avec qui j'ai joué de 1968 à 1974 environ. Il a été un genre de père spirituel pour moi. Il était doué d'une immense patience. Entre nous, il ne s'agissait nullement des classiques rapports maître-élève. Il faut dire que nous jouions presque tous les soirs ensemble. Chaque soir, il m'obligeait à un contrôle toujours plus grand sur moi-même, sans paroles, par la simple force de sa musique. J'essayais de respirer comme lui. C'est ça la musique. Je n'ai pas répété plus de trois fois avec lui. S'amuser ensemble, c'est fondamental. En même temps, entre Kenny et moi, c'était un jeu très sérieux, vital". Un disque enregistré en 1968 avec René Thomas "Flomela", récemment réédité chez Dreyfus Jazz, atteste de la magie de ce triomphant trio.


Autre rencontre importante. Un soir au Blue Note où Eddy Louiss jouait avec René Thomas et Bernard Lubat, un homme s'avance vers eux à la pause pour leur offrir un verre et ...leur proposer un engagement. C'était Stan Getz avec qui Eddy tourna un peu plus d'un an au début des années 70. "Je me suis vraiment régalé à ses côtés. Voilà un formidable mélodiste, pourvu d'une extraordinaire personnalité qu'il savait faire passer dans ce son si personnel comme une signature, un timbre que l'on reconnaît immédiatement. Une grande leçon pour tout vrai musicien". De son côté, Stan Getz proclamera maintes fois qu'Eddy Louiss est pour lui un "génie". Un seul disque, enregistré en  1971 au Ronnie Scott Club de Londres, témoigne aujourd'hui de cette rencontre au sommet.


En 1970,  Eddy Louiss se produit sur la scène prestigieuse de l'Apollo et se voit primé dans le référendum de la revue américaine Down Beat. La même année, il participe à une tournée qui emmène au Festival d'Osaka les gagnants du "European Down Beat Poll Winners". A cette occasion, il grave  pour MPS, en compagnie de John Surman, Niels Henning Oersted-Pedersen et Daniel Humair, l'album "Our Kind of Sabi". En 1972, il enregistre deux albums sous son nom pour America et participe en 1972 , 1977 et 1978 à plusieurs séances pour le label Festival avec Stéphane Grappelli.


Début 1977, Eddy Louiss décide de changer de vie : "Je commençais à en avoir assez du contexte dans lequel j'évoluais : la route, les concerts, le circuit des boîtes, me coucher à trois heures du matin, boire.... Un ami, Gaétan Duenhaer qui tenait une agence de publicité en Côte d'Ivoire m'a demandé de participer à des films publicitaires. J'ai alors décidé de partir en Afrique avec une formation comprenant Jo Maka, Adolf Winkler, Tony Rabeson et Sylvain Marc". Au retour d'Abidjan, cette expérience africaine trouvera son prolongement naturel dans un album merveilleux, "Histoire sans parole", aujourd'hui "collector" très recherché par tous les fans du roi Louiss.  


En 1977, avec sa femme Martine, Eddy décide de s'installer définitivement dans le Poitou, et dans la foulée de cesser d'accompagner les autres et de ne jouer que sa musique. Eddy tourne alors régulièrement avec un ensemble présentant de jeunes talents comme  Frédéric Sylvestre, Abdou M'Boup et Paco Sery, un batteur prodige qu'il avait découvert en Côte d'Ivoire et que l'on retrouve aujourd'hui avec bonheur dans "Sentimental Feeling".

 


Fin 1982, à la demande de Henri Salvador, Eddy dirige son grand orchestre pour une série de concerts du chanteur fantaisiste à Pantin. "Comme j'avais toujours apprécié les big bands, j'ai récupéré les musiciens de l'orchestre et nous sommes restés ensemble un peu plus de six mois".  Eddy organise ensuite un octet constitué de Dominique Pifarely, Tony Rabeson, Jim Cuomo, Frédéric Sylvestre , Abdou M'Boup et Michel Peyratout. Défrichant de nouveaux espaces musicaux, Louiss présente en mars 1986 à l'Elysée Montmartre son premier "Multicolor Feeling", formation à géométrie variable,  et enregistre en 1987 un album qui connait un énorme succès (plus de 60 000 exemplaires vendus), "Sang Mêlé" chez Nocturne. La même année, à l'automne, à la demande d'André Francis, directeur du Festival de jazz de Paris, il propose au Théâtre de la Ville une nouvelle mouture du "Multicolor Feeling" amputé de sa section de trompettes, tous partis dans le nouvel ONJ, mais renforcé sur quelques morceaux d'une fanfare de plus de soixante fanfarons, explosif  mélange de musiciens affirmés et de néophytes passionnés. C'est un triomphe. Pour Banlieues Bleues, Eddy Louiss fera encore plus fort en rassemblant à Sevran en avril 1991 une fabuleuse fanfare forte de plus d'une centaines d'instrumentistes . Nouveau triomphe et un album "live" pour le prouver. " Qu'il s'agisse de musiciens du dimanche ne me gêne nullement. Tout au contraire. J'affirme que la musique doit rester un instrument, un moyen et non pas un but en soi.  Je ne prétends qu'à faire passer un superbe moment aux gens et c'est déjà beaucoup". Et Eddy de dire aujourd'hui : "Je ne donne pas de cours, mais mon école, c'est la fanfare. C'est d'ailleurs l'expérience de la fanfare qui m'a obligé à penser et écrire la musique plus simplement. Quand je jouais avec Kenny Clarke, mon jeu de l'époque était forcément plus fourni".   


En juin 1994, Eddy Louiss retrouve son ami Michel Petrucciani, fan de l'organiste depuis sa jeunesse, pour trois chaudes soirées au Petit Journal Montparnasse, club où ils s'étaient produits pour la première fois en duo un beau soir d'août 1988. Entre le nonchalant ogre de l'orgue et le petit poucet du piano, la rencontre est somptueuse et donnera jour à un double album Dreyfus Jazz intitulé  "Conférence de presse" dans lequel Eddy et Michel ont su hisser l'art de la conversation à son plus haut degré d'incandescence.


En août 1995, à l'invitation d'Olivier Bloch-Lainé  (encore un fan d'Eddy qui avait déjà produit en 1983 un maxi 45 tours tout blanc intitulé "Les Eléphants", aujourd'hui "collector" très recherché) traverse l'Atlantique pour aller enregistrer à New Orleans un album intitulé "Louissiana" chez Initial en compagnie des meilleurs batteurs, guitaristes et bassistes de la Cité du Croissant.


Grande nouvelle ! Eddy Louiss commence l'année 1999 en fanfare en publiant en mars un nouvel album pour Dreyfus Jazz intitulé "Sentimental Feeling" en compagnie de trois vieux complices, Xavier Cobo, Daniel Huck et Paco Sery. Sur plus de la moitié des titres, la fanfare, grosse aujourd'hui d'une quarantaine de musiciens, reprend du service et avec un bel enthousiasme juvénile est prête à l'accompagner sur toutes les scènes de France et de Navarre.

 

« Eddy Louiss, l’un des seigneurs de l’Orgue Hammond B3. »
Le Monde

« L’orgue resplendit quand Eddy Louiss en joue. »
Le Parisien

« Avec cet organiste faussement nonchalant, le jazz prend des ailes. »
Madame Figaro

« Quand on l’entend, on songe à Falstaff : la générosité du son, la rondeur, la verve colorée de l’inspiration, le sens de la fête. »
L’Express

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