Les Artistes Dreyfus | Ahmad JAMAL

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Ahmad JAMAL

Suprême récompense qui n’illustre que les grands, tous les qualificatifs les plus élogieux ont accompagné la carrière d’Ahmal Jamal : «L’architecte», «Le prophète», «Ahmad le magnifique» «le prestidigitateur du piano», «le maître», «le «monstre» aux deux mains droites»

Ahmad Jamal fait partie de ces jazzmen qui n’ont pas d’âge, il posséde la plénitude de celui qui n’a plus rien à prouver et rien ne saurait troubler l’évidence de sa musique. Jamal est sans doute avec Oscar Peterson et Bill Evans le plus influent des leaders de trio du jazz moderne ; un de ceux sans qui Miles Davis et McCoy Tyner ne seraient pas ce qu’ils sont ou ont été.

Avec le temps qui passe, son influence se fait de plus en plus nette sur les jeunes pianistes. Avec juste ce son unique, ces idées limpides, ces attaques percussives, ces successions de notes cristallines, cette façon qui n’appartient qu’à lui d’exploiter toute l’étendue du clavier, le bonheur de se laisser encore surprendre par ce sens du détail qui tue.

Jamal est le mystère du jazz, entier.

«La vie, comme la musique, n’est ni linéaire, ni simple. C’est une histoire. Chaque fois que je donne un concert, je ne me soucie absolument pas de technique, mais d’une seule chose, raconter mon histoire. Et ça fait beaucoup à dire...» Ahmad Jamal.

C’est sans avoir l’air d’y toucher qu’Ahmad Jamal a révolutionné au milieu des années cinquante l’histoire du piano-jazz et en a été un des musiciens les plus influents. Peu importe le nombre : qu’il compose pour lui seul, pour un trio ou un quartette, il écrit comme s’il le faisait pour un orchestre de soixante musiciens. Il faut voir Ahmad Jamal en concert. Observer le spectacle du corps qui se cabre, se lève, tourne autour de l’instrument, se retire dans l’ombre, méditatif et vigilant. Le voir édifier la musique, l’entendre ponctuer d’une exclamation irrésistible le jaillissement des sons. Miles Davis louera son sens de l’espace, sans qu’ils n’aient jamais joué ensemble, dira de lui « C’est LA façon de jouer du piano » et recommandera régulièrement à ses pianistes de s’en inspirer. Curieuse trajectoire que celle de ce musicien.

Né à Pittsburgh (formidable vivier de musiciens : Kenny Clark, Art Blakey, Earl Hines...) en Pennsylvanie le 2 juillet 1930, Ahmad Jamal commence le piano dès l’âge de trois ans. «La musique a décidé pour moi. Elle est venue à moi. Elle m’a trouvé, pas le contraire. J’étais âgé de trois ans, et je me suis mis au piano. Et voilà. A cet âge-là, on ne prend pas de décisions, on se laisse guider par son instinct. C’est en vous. Mes parents ont pris conscience de ce talent, de ce cadeau. J’ai pris des cours pour le nourrir. Pour économiser le dollar nécessaire, ma mère dédaignait les transports en commun !». Il fréquente la Westinghouse High School. A huit ans, il interprète Chopin, Litz, Gershwin. « À l’âge de onze ans ? je gagnais déjà ma vie comme musicien. Je n’allais plus au collège » et signe sa première pièce pour big band. Il débute sa carrière professionnelle dans l’orchestre de George Hudson dès 1947. L’exemple même du musicien précoce. En 1949, il fonde son premier trio, The Three Strings (avec Ray Crawford à la guitare et Eddie Calhoun à la basse), une formation qui n’est pas sans évoquer bien sûr celle de Nat King Cole, alors en pleine vogue : « On a toujours voulu voir en moi l’héritier de Nat Cole, mais mon influence majeure s’appelle Erroll Garner. D’abord, il faut que vous sachiez que lorsque j’étais gamin, à Pittsburgh, je me suis essayé à toutes les combinaisons. Duo avec saxophone ténor, piano solo, duos avec trompette, percussions ou voix, quartette, quintette, sextette... tout ce que vous pouvez imaginer. Ce qui fait qu’à dix-sept ans, j’avais quasiment tout fait ! Mon centre d’intérêt principal ce n’est pas le répertoire mais l’orchestre ; et en guise d’exercice pour l’écriture, j’avais mon orchestre : le trio... Ce qui m’intéressait, c’était de lui conférer le plus gros son possible. Travailler en trio c’est un peu travailler à l’ancienne. Une forme d’art perdue. Parce que les possibilités ouvertes par la formule du trio sont innombrables, vous pouvez l’orchestrer, l’arranger, le raisonner en tant qu’orchestre. Lorsque j’étais avec Ray Crawford, tout était écrit ; j’ai encore le recueil « gros comme ça » des partitions ! Mon grand plaisir, c’était d’écrire pour la plus petite formation et de la faire sonner comme un grand orchestre ».

Il joue au Blue Note de Chicago, à New York, est repéré par la firme Okeh qui lui fait enregistrer ses premiers disques. Il obtint d’emblée un beau succès avec l’arrangement de la chanson populaire « Billy Boy » (1952)...

En 1956 Jamal forme un nouveau trio. Sa relation avec Erroll Garner, lui aussi originaire de Pittsburgh, devient en effet plus évidente, lorsque l’intéressé se décide à modifier l’instrumentation de son trio. Il remplace alors la guitare par une batterie et commence à poser les bases d’une nouvelle esthétique, révolutionnaire dans la façon éminemment démocratique d’accorder une place équivalente aux trois voix de l’orchestre. «Je pense que cet ensemble a servi de référence à beaucoup de monde au niveau des petits groupes de jazz. Un musicien comme Oscar Peterson, par exemple, nous a beaucoup écoutés ». Bill Evans, Red Garland (à la demande expresse de son leader Miles Davis), George Shearing ou Jacky Terrasson ont eux aussi largement puisé dans cette espèce de sobriété sophistiquée constituant la marque de fabrique d’un instrumentiste réputé «feutré». Entouré d’Israel Crosby à la basse et de Vernell Fournier à la batterie, Jamal invente tout simplement le trio moderne. Un trio consacré « idéal » par l’histoire du jazz. En 1958, au Pershing de Chicago, les trois hommes enregistrent l’album culte « But Not For Me » qui emporte aussitôt un succès commercial colossal. Il restera 108 semaines dans le top ten des meilleures ventes, (titre que Miles inclura sur son album « Oleo » pour Atlantic) faisant de Jamal le premier jazzman à vendre plus d’un million d’exemplaires du même disque. C’est une période d’intense activité. Le trio tourne et enregistre sans cesse ; Jamal se fait construire un club-restaurant, l’Alhambra, monte sa propre maison de disques, tout lui réussit...

Puis, soudain la machine se grippe : il divorce, doit fermer son club (1961), voit ses musiciens le délaisser pour le trio d’un autre pianiste à la mode, George Shearing (1962), il part faire des voyages d’études en Afrique du Sud ou au Soudan, et après des disques pour le moins inégaux, (notons tout de même quelques beaux disques pour Impulse! comme «The Awakening» (1970) avec ses accompagnateurs d’exception, Franck Grant et Jamil Nasser) ; le silence phonographique s’installe, sa carrière se ralentit....

En 1985, pourtant, un musicien relativement éloigné de ses préoccupations, le percussionniste Jack DeJohnette, lui dédie un thème, «Ahmad The Terrible», sur son atypique «Piano Album». Une dédicace qui allait correspondre à un retour en grâce d’Ahmad Jamal comme le prouvent ses enregistrements des années quatre-vingts pour Atlantic : «Digital Works», «Crystal», «Pittsburgh», «Live At The Montreal Jazz Festival», «Rossiter Road» et surtout «Live in Paris» (Birdology/Polygram), album marquant le début d’une collaboration fructueuse entre le pianiste américain et un producteur français : Jean-François Deiber. C’est en effet ce même producteur qui est à l’origine d’une oeuvre assez exemplaire, en deux volets, «The Essence, Part 1» et «The Essence, Part 2», enregistrée dans un contexte bien particulier en 1994, et pour la première fois de sa carrière, puisqu’à la tête d’un septette comprenant notamment le trompettiste Donald Byrd et le saxophoniste George Coleman. Son talent est intact, démontrant s’il en était besoin ses facultés illimitées de renouvellement et la richesse de son univers.

Aujourd’hui, à 70 ans, Ahmad Jamal est une figure incontournable de l’histoire du jazz. Il aura croisé Art Tatum, Nat King Cole, Lester Young, Billie Holiday, Charlie Parker ou Bud Powell : « Tous des innovateurs, alors que, de nos jours, on rencontre surtout des compétiteurs ». Désormais, il se sent exclusivement concerné par la structure et l’épure de ses compositions. Si on évoque son crédo artistique, Jamal répond : « Réfléchir, comme dans un miroir, la créativité, c’est uniquement ce que peut faire le créateur ». Telle est la mission qu’il s’est fixée et tel est son chemin de pensée.

« Ahmad The Terrible, comme l’avait appelé Miles Davis, est un maître du clavier où s’affirme sa clarté, sa sensualité, son jeu avec les rythmes et les citations. Il a fait du jeu en trio l’un des grands points de références de l’histoire du jazz. »
Le Monde

« Ahmad Jamal est depuis trente ans un des plus grands pianistes du jazz contemporain. »
Le Point

« Sa conception unique de l’espace, son toucher léger et son lyrisme en font aujourd’hui un pianiste adulé. »
Libération

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