Les Artistes Dreyfus | André CECCARELLI

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André CECCARELLI

À force de dire « qu’on ne le présente plus », peut-être faut-il se demander si l’on a vraiment présenté André Ceccarelli ? Trop souvent on se contente de le réduire au statut de « grand professionnel » pour qui nul recoin de la batterie ni mystère du rythme ne sont inconnus. C’est juste mais un peu court. C’est s’arrêter à la surface des choses. Chez ce tambour majeur du jazz national, cet artiste à la sensibilité à fleur de peaux, il y a bien plus remarquable que son tempo impérial, sa féline souplesse aux baguettes comme aux balais, sa capacité à jouer sa vie dans un solo ou son incroyable facilité à interpréter toutes les musiques comme on enfile élégamment un gant. Il y a d’abord, avant toute chose, son immense amour de la musique et des musiciens, sa passion du jazz (« la musique à mon cœur la plus enrichissante ») et de tous ses artisans. Cela est un don. Cela a un son. Le son Ceccarelli.

Né le 5 janvier 1946 à Nice, André  Ceccarelli, très jeune passionné de moto, voulait au départ être … mécanicien. C’est son père qui a voulu qu’il devienne comme lui musicien. « Mon père m’a transmis le plaisir de jouer quand j’étais gosse ; mais j’ai choisi la batterie par mimétisme ». Il faut dire que la percussion chez les Ceccarelli, c’est une vraie affaire de famille avec son père Jeannot, son frère Jean-Paul et son fils Régis qui représente ainsi la troisième génération de la dynastie. « Dédé », comme tous les musiciens le prénomment, débute la batterie dès l’âge de 13 ans tout en poursuivant ses études au conservatoire de Nice où il obtient un premier prix. Mais c’est au contact des batteurs niçois comme Charles « Lolo » Bellonzi que naît vraiment sa passion du jazz. À 14 ans, il joue déjà au casino de Monte-Carlo avec, aux congas, un certain …Claude François. Son père sévère est souvent derrière le rideau à lui répéter avec insistance « le tempo, fiston, garde le tempo ».

En 1962, à 16 ans, il « monte » à Paris avec « Les Chats sauvages » de Dick Rivers. « Un orchestre épouvantable. J’ai très mal vécu toute cette période. Le twist n’était pas vraiment une musique que j’aimais ». À son retour à Nice, il se décide à retravailler sérieusement son instrument et, à la grande joie de son père, est engagé à Monaco dans l’orchestre d’Aimé Barelli, une formation prestigieuse, très sophistiquée pour l’époque. Il séjournera ensuite trois ans en Italie avec « Les Pyranas » et Rocky Robert avant de s’installer en 1970 définitivement dans la Capitale.

À Paris, il travaille d’abord au Lido, puis au Moulin-Rouge avant de jouer en grande formation (Ivan Jullien, Jean-Claude Naude, Sonny Grey). Pour son plaisir, il se produit régulièrement en club avec Jean-Luc Ponty, Eddy Louiss, René Thomas, Lou Bennett, Jimmy Gourley, Maurice Vander. En compagnie d’Alex Ligert Wood, Jacky Giraudo, Henri Giordano et Janick Top, André monte son premier groupe « Troc». Pendant un an, il devient le « batteur maison » du « Chat Qui Pêche », le célèbre club de Madame Ricard, pour y accompagner les « Américains de passage » : Sal Nistico, George Coleman, Dexter, Gordon, Stan Getz, etc.

Après un séjour aux Etats-Unis avec le groupe de Brian Auger, il retrouve la France et joue, entre autres, avec Michel Graillier, Georges Arvanitas, René Urtreger et Tania Maria tout en se produisant avec Toots Thielemans, Phil Woods, Slide Hampton, Philippe Catherine, Tina Turner, les frères Brecker (avec qui il enregistre deux albums : « Bad News » et « Travel Fast »). Il participe également à l’aventure du Onztet de Patrice Caratini et du nouveau Big Band de Martial Solal.

À la fin des années 70 il monte avec Bernard Lubat un quartet à deux batteries et deux basses (Marc Bertaux et Tony Bonfils) « Comme j’aime être bousculé, voire contredit, j’ai adoré l’époque pendant laquelle Bernard et moi avons travaillé ensemble ». Et le batteur gascon de répondre : « Dédé ne se protège pas d’un drame existentiel, quoiqu’il le vive aussi fortement que les autres : il se livre au contraire. » Voilà qui est bien vu.

Parallèlement à ses activités de jazzman, « Dédé » a longtemps vécu une « double vie ». À savoir, une carrière hyperactive de « requin ». « Ce fut pour l’époque du studio à outrance, de neuf heures du matin à minuit le casque sur la tête pour entendre et jouer, à quelques exceptions près, des trucs bêtifiants. Faire le métier, c’est très vite devenu pour moi subir la musique, alors que mon rêve était tout au contraire de vivre en harmonie avec elle. Je suis sorti très traumatisé de cette époque où l’on enregistrait un 33-tours en une seule journée. »

En 1979, une alerte cardiaque le terrasse en pleine répétition avec Bunny Brunel et Chick Corea sur la scène d’un grand festival du midi. Le médecin de l’hôpital lui conseille tout de go d’abandonner la batterie. « Impossible. Si je ne joue pas de la batterie, lui répond-il, je meurs. Le seul endroit où je suis vraiment bien, c’est derrière mes tambours et mes cymbales. » Pendant sa convalescence, il réalise dans son grenier parisien un curieux album où il dit des textes en niçois (ou « nissart ») et reprend peu à peu le dessus.

Dans les années quatre-vingt, Jean-Louis Chautemps, puis Antoine Hervé à la tête de l’Orchestre National de Jazz (deuxième mouture) le font, avec d’autres, revenir sur le devant de la scène. Le déclic se produit au sein du quartet de Didier Lockwood. Il y retrouve son compatriote Jean-Marc Jafet (de dix ans son cadet, à la basse) et le Palois, Thierry Eliez (vingt ans de moins, aux claviers). « Avec Didier, je me suis constamment régalé. » Ce dernier lui rend sans difficulté la pareille : « Dédé est un vrai félin du jazz. Il fait sonner son instrument comme il ponctue naturellement ses paroles. Avec son charmant accent du midi. »

Lorsque le violoniste décide de changer d’équipe, le trio choisira de continuer sans lui l’aventure. Pour le plaisir. « On se surprend toujours mutuellement et je ne me lasse jamais d’écouter jouer Jean-Marc et Thierry. » Tous les trois publieront trois albums en trois ans : « Danser sur moi » (1990), « Hat Snatcher » (1992) et « 3 around the 4 », hommage aux Beatles, créé en novembre 1993 au Théâtre de l’Agora d’Evry. Les récompenses commencent enfin à pleuvoir. En 1993, « Dédé » est primé à la fois par les Victoires de la Musique et les Django d’Or dans la catégorie « Meilleure Formation de Jazz Hexagonale ». En 1998, il se voit décerné le Grand Prix du Jazz par la Sacem pour l’ensemble de sa carrière. Ce n’est que justice.

Dans les années 90, tout en étant « le » batteur attitré de Dee Dee Bridgewater qui saurait se passer de lui et ne cesse de tarir d’éloges sur son « drumming » si léger et précis, André Ceccarelli dirige ses propres groupes dans lesquels se révèlent de nombreux jeunes talents aujourd’hui en haut de l’affiche. Ainsi en 1993 il prend la tête d’un trio avec François Moutin (contrebasse) et Nguyên Lê (guitare) plus le saxophoniste Bob Berg en invité sur l’album « Init ». En 1995, il enregistre « From the Heart » avec un nouveau quartet composé de Sylvain Beuf, Jean-Michel Pilc et Thomas Bramerie. En 1997, en hommage en Leonard Berstein, il publie chez BMG « West Side Story » avec toujours Sylvain Beuf au saxophone mais Rémi Vignolo à la contrebasse et l’étonnant pianiste italien Antonio Farao. Avec la même équipe enrichie de la présence de Sylvain Luc, Minimo Garay et Stéphane Belmondo, il enregistre en 1999 l’album « 61’ 32 ».

En l’an 2000, une rencontre importante avec Stefano Di Battista, puis une autre superbe aventure commence avec « Sud », trio composé de Jean-Marc Jafet et Sylvain Luc. Deux albums publiés en 2000 et 2002 chez Dreyfus Jazz témoignent de la complicité rayonnante qui unit ses trois virtuoses. En 2003, une Victoire du Jazz couronne comme « groupe de l ‘année » ce triomphant triumvirat sudiste. À l’automne de la même année, à Paris, la « Nuit des musiciens » a la bonne idée de donner « Carte Blanche » à Dédé pour inviter sur la scène du Trianon toute sa famille (du père au fils) et ses amis. La fête fut somptueuse et généreuse.

Une autre « Carte Blanche » en forme de double album, sorti en avril 2004 chez Dreyfus Jazz (l’un enregistré en studio à Antibes, l’autre, pris sur le vif du Duc des Lombards), lui permettra dans la foulée de rassembler autour de ses tambours tous les musiciens qu’il aime. « L’enregistrement de ce disque fut pour moi un somptueux souci. Il m’a demandé plus de six mois de travail. Mais il fut surtout un véritable enchantement. Ce qui m’intéresse dans la musique, c’est la communion. Pour l’occasion, j’ai été très gâté. C’est pour moi une fierté vraiment incroyable d’avoir pu rassembler autant d’amis ». Ce n’est finalement que la juste rançon d’un musicien riche d’un précieux trésor : l’amitié et l’admiration que lui vouent de tous ceux qui ont la chance de jouer un jour à ses côtés.

Sortie Octobre 2005, Avenue des Diables Blues, André Ceccarelli manifeste non seulement ses qualités de musicien (« un félin du jazz qui fait sonner son instrument comme il parle, avec son charmant accent du midi », apprécie Didier Lockwood), mais il inscrit aussi l’une des plus belles pages d’un des formats les plus forts en swing du jazz, le trio orgue-guitare-batterie.

« La particularité d’André Ceccarelli est cette musicalité, ce swing, ce jeu au service de la musique et non dans une perspective démonstrative. »
Le Monde

« Il joue de la batterie comme un félin. »
L’Express

« DD Ceccarelli a accompagné les plus grands, car il est le meilleur. »
Le Parisien

« La carrière exemplaire d’André Ceccarelli sucite l’admiration. »
Jazz Magazine

Réalisation Suite303 / KurTZdev